INNOVATION SANTE 2015 : les 8 propositions du Leem Recherche en faveur des sciences du vivant lancées lors de l’Appel d’avril 2007 ont toutes été reprises par le gouvernement.
Issu de fructueuses discussions entre les organismes de recherche publique et les entreprises du médicament, le plan d’action global porté par l’association pour faire de la France un grand pays des sciences du vivant était le suivant :
- Augmenter considérablement l’effort de recherche publique, pour développer une recherche fondamentale de pointe, source indispensable à l’innovation, et évaluer les résultats
- Faire de l’ensemble des sciences du vivant, sciences pour la vie, une priorité clairement identifiée, notamment dans les domaines médical et vétérinaire, et en santé publique
- Focaliser les moyens financiers sur les domaines thérapeutiques où la France est compétitive,
- Investir dans les infrastructures et les outils indispensables, développer des plates-formes pluridisciplinaires,
- Faciliter le renforcement de la recherche privée et aider la création d’entreprises de haute technologie et de services autour des sciences de la vie humaine et animale,
- Faire évoluer le cadre législatif et réglementaire pour ne pas pénaliser chercheurs et entrepreneurs, avec la révision attendue de la loi Bioéthique,
- Adapter les formations, notamment pharmaceutiques, scientifiques, médicales et vétérinaires,
- Assurer l’information des citoyens et des patients et permettre le débat.
À ce jour, les points 1 et 2 font partie des décisions prises dans le cadre de la Stratégie Nationale de Recherche et d’Innovation. Les propositions 3, 4, 5 et 7 ont été reprises par le CSIS du 26 octobre 2009. La proposition 6 concerne la loi de Bioéthique qui sera débattue en 2010. La recommandation n°8 est mise en œuvre à travers le débat national sur les nanotechnologies, qui démontre que le besoin d’information des citoyens est pris en compte.
Le Leem Recherche se réjouit aussi de constater que la réforme en cours sur l’organisation de la recherche publique française vise à pallier des handicaps soulignés dans l’ouvrage « Innovation Santé 2015, Plaidoyer pour les sciences du vivant ».
La création de l’Alliance Nationale pour les Sciences de la Vie et de la Santé va mettre fin à l’éparpillement des structures de recherche, qui complique considérablement les partenariats public-privé. De même, le fonds d’investissement dans les biotechnologies de la santé créé lors du Conseil Stratégique des Industries de Santé (CSIS) devrait donner à ce secteur le coup de pouce financier attendu.
Développer les partenariats public-privé dans la recherche biomédicale : les propositions 2009 du Leem Recherche.
La réforme de la recherche publique, mais aussi les travaux de la Stratégie Nationale de Recherche et d’Innovation et ceux de la commission Marescaux, dont l’objectif était de permettre aux CHU français de mener une recherche d’excellence, ont permis au Conseil Scientifique du Leem Recherche de préciser ses propositions pour favoriser les collaborations public-privé.
Elles ont été transmises aux pouvoirs publics, bien entendus comme contribution à la SNRI, mais aussi dans le cadre des travaux préparatoires du CSIS. Lors de la réunion du CSIS du 26 octobre dernier, la plupart des idées ont été reprises. Il reste à participer à leur mise en œuvre et à veiller au respect des objectifs fixés.
Les propositions s’articulent autour de trois axes et dix objectifs :
Axe 1 : développer l’épidémiologie pour favoriser les partenariats de recherche et faciliter la recherche clinique
L’épidémiologie permet d’observer les populations, les maladies, de générer des hypothèses sur les déterminants de l’état de santé et l’évolution des pathologies. Elle constitue donc le socle de la recherche fondamentale en ouvrant de nouvelles voies de développement vers des thérapies ciblées ; elle est aussi, en aval, l’élément d’éclairage indispensable aux prises de décisions politiques en santé et à l’optimisation de la prise en charge rationnelle des malades.
Elle représente un soutien de plus en plus indispensable à la recherche clinique en permettant d’anticiper les recrutements et d’identifier les patients à risque.
- Objectif n°1 : développer des outils en épidémiologie
- Objectif n°2 : développer la formation en épidémiologie
- Objectif n°3 : inciter les industriels à investir dans la recherche épidémiologique
Le CSIS a effectivement retenu un ensemble de mesures pour développer l’épidémiologie en France, dont la possibilité d’inclure les études épidémiologiques dans le Crédit d’Impôt Recherche, à l’exclusion des études obligatoires.
Axe 2 : renforcer la recherche et le développement clinique en france
La Recherche Clinique Industrielle s’exerce principalement dans le cadre de partenariats avec les centres d’investigations publics. Cette activité, fortement créatrice de valeur (environ 2 milliards € en 2007) s’inscrit dans une dynamique de compétition nationale (entre les différents industriels) et internationale (entre les différentes filiales au sein de chaque entreprise), compétition basée principalement sur les performances de recrutement, les délais de réalisation, la qualité des données recueillies, et les coûts.
Les essais cliniques constituent une composante essentielle du développement et de la connaissance des nouveaux produits. Pour les industriels c’est un point de passage obligé, long, coûteux et aléatoire.
Pour les promoteurs institutionnels, c’est notamment le moyen d’améliorer les connaissances et de comparer les stratégies thérapeutiques. Pour les investigateurs qui réalisent ces essais, c’est le moyen de participer et contribuer au progrès thérapeutique. Il s’agit là d’un enjeu essentiel pour que la médecine française reste dans la course de l’évolution thérapeutique. Enfin, pour les malades qui l’acceptent, c’est l’occasion d’accéder le plus tôt possible à l’innovation.
- Objectif n°4 : simplifier les modalités administratives et raccourcir les délais
- Objectif n°5 : professionnaliser encore plus la recherche clinique
- Objectif n°6 : valoriser la recherche clinique auprès des promoteurs et du grand public
L’annonce faite en octobre par la Ministre de la Recherche de la création de structures uniques de valorisation sous forme de filiales privées des PRES répond tout à fait à la demande du Leem Recherche d’avoir un interlocuteur unique responsable des transferts de technologies.
Axe 3 : multiplier les partenariats public-privé dans le domaine de la recherche cognitive et des biotechnologies
Le dynamisme des partenariats entre le monde industriel et le monde académique est un facteur clé pour la compétitivité d’un pays dans les secteurs innovants tels que ceux du médicament et des sciences de la vie. La recherche privée et la recherche publique ne s’opposent pas, elles se complètent et se confortent réciproquement.
Pour inciter les grands centres de recherche industriels français à venir puiser dans le vivier formidable de la recherche publique, pour attirer les chercheurs internationaux de l’industrie pharmaceutique et des PME, trois conditions sont indispensables :
- Simplifier les transferts de technologies
- Favoriser l’émergence et la consolidation des grandes infrastructures de recherche et en faciliter l’accès
- Augmenter la visibilité de la recherche française
- Objectif n°7 : simplifier la valorisation et les transferts de technologies de recherche vers les entreprises
- Objectif n°8 : développer accès et niveaux de qualité des grandes infrastructures de recherche
- Objectif n°9 : favoriser les passerelles entre public et privé, avec les universités et les pôles de compétitivité, et augmenter la visibilité de la recherche française à l’étranger
- Objectif n°10 : développer la promotion internationale des infrastructures et équipes françaises d’excellence auprès des grands groupes pharmaceutiques internationaux
Les travaux du Leem Recherche sont aussi venus nourrir les réflexions sur l’utilisation du Grand Emprunt, qui doit permettre d’investir dans les filières d’avenir, parmi lesquelles figure la santé.
Les six domaines devant être favorisés dans le cadre du Grand Emprunt :
- les technologies de bioproduction,
- la recherche translationnelle,
- l’épidémiologie,
- les biobanques,
- l’e-santé,
- l’éducation et la formation initiale et continue.
L’ensemble des propositions du Leem Recherche pour développer les partenariats public-privé est disponible sur le site
27.11.2009 par Caroline Etivant |
Catégorie: Dossiers thématiques |
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